Réponse de la liste « La force d’une équipe » à Thise
Biodiversité :
Poursuite des objectifs de protection des habitats et de la biodiversité sur la commune, notamment dans les sites classés Natura2000 (+ de 50% de la superficie de la commune)
Suivi et protection des espèces sensibles ou protégées (ex : pose et entretien de nichoirs, notamment chouette effraie, lutte contre les espèces invasives)
Climat :
-Développer les pistes cyclables et aménagements pour les vélos (ex : points d’attache devant les commerces)
-Œuvrer pour la protection de notre forêt face aux changements climatiques : mise en place d’un groupe de travail avec les parties prenantes (ONF, SDIS, OFB, etc.)
-Aller vers une sobriété énergétique des bâtiments publics (isolation, énergie renouvelable, etc.)
Eau :
-Porter les problématiques de la gestion de l’eau (notamment de la gestion des eaux usées) auprès de GBM (suite à un diagnostic réalisé sur la commune en 2025 par l’association Thise Nature et Citoyenneté)
Justice sociale :
-Création d’un conseil municipal de la jeunesse
-Soutient aux associations : mise à disposition gratuite de locaux et subventions pour les associations de la commune, dont une association sur l’environnement « Thise Nature et Citoyenneté »
Transverse :
-Promouvoir les circuits courts, notamment en accueillant les producteurs locaux lors du marché couvert du vendredi
-Restauration scolaire : priorité donnée à la production locale et incluant au moins 20% de bio
-Favoriser l’installation d’un maraicher bio sur la commune
-Création d’une délégation « environnement et mobilité » transverse, rattaché directement au maire pour une meilleure prise en compte des problématiques environnementales dans l’ensemble des projets de la commune
-Projet de création d’un verger conservatoire
L’agroécologie, pilier de la transition écologique ?
Le rapport Nexus de l’IPBES (voir notre publication précédente) présente la généralisation de l’agroécologie comme l’une des conditions indispensables à une transition écologique, sociale et solidaire réussie. Pourquoi est-ce si important ? Que disent les candidat·e·s à ce sujet ?
L’agroécologie est une façon de concevoir des systèmes de production agricoles qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Elle réintroduit de la diversité à toutes les échelles (génétique, spécifique, paysagère,…) dans les systèmes de production agricole qu’elle révise en profondeur. Aujourd’hui, parmi les application les plus fréquentes et les plus connues de cette démarche on trouve en premier lieu l’agriculture biologique, mais aussi l’agriculture en biodynamie ainsi que la permaculture. L’« agriculture raisonnée » ou encore l’« agriculture de précision » en revanche ne sont pas des exemples d’agroécologie.
L’agroécologie est un levier important de la transition écologique, car elle permet de créer une synergie très riche en interactions positives (voir notre publication précédente). En plaçant la biodiversité au cœur des systèmes agricoles, elle permet de profiter des multiples contributions positives que des écosystèmes en bonne santé apportent à nos sociétés, qu’il s’agisse de la productivité, de la santé humaine ou du stockage de carbone. De plus, l’agroécologie bannit l’utilisation de pesticides et d’engrais de synthèse, ce qui a des effets positifs supplémentaires sur la santé humaine, tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Elle est également beaucoup plus sobre en consommation d’énergie et, grâce à leur diversité, les systèmes agroécologiques sont plus résilients face à tous types d’aléas (climatiques, biologiques, économiques, etc.), ce qui constitue un avantage non négligeable en matière de sécurité alimentaire.
Le développement de l’agroécologie à l’échelle des communes est d’autant plus important que le contexte politique européen et national est actuellement plutôt défavorable. À ce titre, les multiples propositions des listes de S. Véziès et d’A. Vignot en faveur de l’agroécologie sont intéressantes : coopératives maraîchères, construction d’une légumerie, partage de semences, soutien au bio local par la commande publique, protection des terres agricoles, etc. En revanche, si la liste de L. Fagaut affiche son intention de développer la production maraîchère locale, notamment pour les cantines scolaires, elle ne mentionne pas l’agriculture biologique ou une autre forme d’agroécologie.
Que signifie « privilégier les solutions en synergies » ?
Pour la transition écologique, le rapport Nexus de l’IPBES incite à privilégier les solutions en synergie (voir notre publication précédente). Mais qu’est-ce qu’une solution en synergie et qu’implique-t-elle concrètement ?
Une synergie est une solution à un problème particulier qui engendre des retombées positives pour d’autres problèmes. Prenons un exemple précis : le développement du réseau cyclable.
Cette solution est proposée par les listes de S. Véziès, A. Vignot et L. Fagaut, cette dernière souhaitant toutefois ne pas empiéter sur les voies de circulation des voitures (pistes en site propre). De multiples études menées dans des métropoles françaises (Paris, Strasbourg, Grenoble), mais aussi à l’étranger (Copenhague, Amsterdam, Barcelone, Portland) montrent que le développement du réseau cyclable engendre, à long terme, une augmentation de l’usage du vélo et une diminution du trafic automobile. Cela implique donc une diminution des émissions de CO₂ liées au transport en ville et une amélioration de la qualité de l’air. De plus, ces mêmes études indiquent également des effets positifs sur la santé physique et mentale des cyclistes, sur la fréquentation des commerces, et même sur la fluidité du trafic automobile, et ce, malgré la suppression de voies de circulation pour les voitures. En jouant sur de multiples tableaux (climat, santé, économie, etc.), le développement du réseau cyclable est donc un exemple de synergie.
À l’inverse, le rapport Nexus préconise d’éviter les solutions qui ont des effets positifs sur une problématique, mais des effets négatifs sur une autre. Par exemple, la construction d’une piste cyclable qui engendrerait une artificialisation (voir notre publication précédente) et donc la destruction d’espaces naturels ne constituerait plus une stratégie aussi efficace. Les effets négatifs, comme le déstockage de carbone ou la perte d’un îlot de fraîcheur naturel, viendraient atténuer, voire annuler, une partie des effets bénéfiques escomptés.
Zéro artificialisation, quels sont les enjeux ?
Évoquée dans toutes les réponses, la problématique de l’artificialisation est un enjeu crucial de la transition écologique. Elle est également au cœur d’une polémique qui s’est invitée dans la campagne électorale : le projet du quartier des Vaîtes. Porté par la municipalité sortante, ce projet d’écoquartier avait déjà fait l’objet d’une révision en 2021. Il fait toutefois encore l’objet de contre-propositions de la part des listes de S. Vézies et L. Fagaut. Autant de bonnes raisons pour chercher à y voir plus clair !
L’artificialisation désigne la conversion d’espaces Naturels, Agricoles ou Forestiers (NAF) en espaces urbanisés. À l’échelle nationale, elle représente environ 20 000 hectares par an et entraîne la destruction de terres agricoles et d’habitats naturels. L’artificialisation aggrave donc les problèmes de sécurité alimentaire, l’effondrement de la biodiversité et le réchauffement climatique, car elle détruit des sols qui stockent du carbone. La destruction des habitats est la première cause de l’effondrement de la biodiversité à l’échelle mondiale. C’est ce constat qui a motivé l’adoption, en 2021, d’un objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN pour les intimes) dans le cadre de la loi Climat et Résilience. Cette loi fixe deux objectifs : réduire de moitié le rythme de l’artificialisation d’ici 2031 et atteindre le zéro artificialisation nette d’ici 2050.
Attention toutefois, comme souvent, le diable se cache dans les détails ! Pourquoi parle-t-on de « zéro artificialisation NETTE » ? L’ajout de ce terme signifie que l’objectif n’est pas de cesser complètement l’artificialisation d’ici 2050, mais qu’à partir de cette date, elle devra être compensée par la restauration d’espaces urbanisés en espaces naturels ou agricoles. L’intention est louable : il s’agit d’introduire un peu de souplesse pour les cas où cette artificialisation serait inévitable. Cependant, cela pose des problèmes majeurs. En effet cette compensation n’est pas réellement possible. Détruire un habitat ne prend que quelques heures, tandis que le restaurer nécessite au mieux plusieurs décennies, parfois plusieurs siècles. De plus, toutes les contributions des écosystèmes à nos sociétés ne sont pas compensables, même à très long terme. Enfin, comment définir une artificialisation absolument nécessaire ? Cette définition ne risque-t-elle pas d’être à géométrie variable ?
Chiffres de l’artificialisation dans le Grand Besançon
Qu’en est-il pour le Grand Besançon ? Alors qu’en 2021, lors de l’adoption de la loi Climat et Résilience, l’artificialisation y était de 36,1 ha, avec un rythme comparable depuis 2014, elle a depuis diminué pour atteindre 14,3 ha en 2023 (derniers chiffres disponibles). Si cette baisse se confirme les années suivantes, le premier objectif légal pourra être considéré comme dépassé avec huit ans d’avance, grâce à une politique volontariste de la municipalité sortante. Il faut toutefois rester vigilant, car l’artificialisation peut repartir à tout moment à la hausse, car elle dépend exclusivement d’une volonté politique.
Qu’en est-il des propositions des candidat·e·s pour ces élections ? Les listes d’A. Vignot et de L. Fagaut affichent toutes deux l’objectif du zéro artificialisation nette. La liste d’A. Vignot entend poursuivre les efforts déjà engagés lors de son précédent mandat, qui, comme nous l’avons vu, ont porté leurs fruits. De son côté, la liste de L. Fagaut ne nous a fourni aucun élément concret sur sa stratégie en la matière. Enfin, la liste de S. Vézies se propose d’aller plus loin avec un objectif de zéro artificialisation nouvelle. Un objectif très ambitieux qui irait de pair avec une stratégie d’acquisition de foncier déjà urbanisé.
Rencontre/débat à Hop Hop Hop mardi 17 mars à 20h
Nous vous proposons une réunion/débat dans les locaux de Hop Hop Hop (dans l’Arsenal, au Centre-ville de Besançon), le mardi 17 mars à 20h.
Rencontre/débat à la MJC de Clair Soleil – Jeudi 12 mars à 18h30
Nous vous proposons une rencontre/débat à la MJC de Clair Soleil, le jeudi 12 mars, à 18h30.
Propositions de la liste de Saint-Vit Ensemble
Favoriser la biodiversité à l’échelle de la commune
Nous serons attentifs au plan de gestion forestiers avec l’ONF pour mettre en place des zones de libre évolution choisie mais conscient que la forêt est aussi un outil économique non négligeable pour le budget de notre commune. Nos forêts ont plusieurs usage et nous ferons au mieux pour conjuguer l’ensemble de ceux-ci.
Les enjeux de biodiversité dans la gestion des espaces communaux sera traité dans le cadre d’actions avec les habitants dans les quartiers mais seront bien pris en compte via le label Villes et Villages Fleuris mais aussi potentiellement d’autres dispositifs (Territoire Engagés pour la Nature, Atlas de Biodiversité Communal ou autre inventaire participatif).
L’aspect éclairage public sera travaillé avec les services de la communauté urbaine pour voir les possibilités en terme de trame Noire.
Nous poursuivrons le travail avec l’AMAP très implanté sur notre territoire et seront vigilants aux pratiques agricoles de notre territoire et poursuivrons le travail engagé autour du Programme Alimentaire Territorial.
Lutter contre le dérèglement climatique
Nous étudierons toute les possibilités afin de rénover les bâtiments communaux ainsi que de les équiper de sources d’énergie renouvelable.
La question de l’aménagement est central afin d’avoir une approche raisonnée de celle-ci et de préserver les zones agricoles et naturels. Pour la question des mobilités douces nous verrons avec les services de la communauté urbaine les possibilités que nous aurons mais nous avons comme objectif de les favoriser pour rendre sécurisé les déplacements des Saint-Vitois.
La redynamisation du centre bourg et l’implantation de commerces de proximité sera aussi l’un des sujets que nous aimerions porter. Nous souhaitons également nous engager sur la désimperméabilisation des sols, qu’il s’agisse de projets sur des friches, des espaces publics, des entreprises installées ou des particuliers. A travers des actions incitatives, du portage politique avec la communauté urbaine ou encore des actions de sensibilisation.
Transition écologique sociale et solidaire
La question de la cantine est bien pris en compte pour proposer des menus équilibrés avec des produits locaux et sains au maximum.
La question du service public pour lutter contre les inégalités sera aussi portée au niveau de la « formation » des agents.
Propositions de la liste de Pouilley-les-Vignes par rapport à la transition écologique
Poursuivre de projet Coopérative photovoltaïque sur le toit des bâtiments de la commune ( mairie, école,…) en association avec la commune de Pirey. La vente de l’électricité produite se fera directement aux habitants.
Désimperméabilisation et végétalisation de la cours d’école pour créer un îlot de fraicheur
Projet de chaufferie au bois pour pour plusieurs bâtiments publiques.
Développement mobilités douces avec GBM et notamment la création de nouvelles pistes cyclables entre Pouilley-les-Vignes et Pelousey ainsi que Serre-les-Sapins pour mieux connecter Pouilley au reste du réseau cyclable existant.
Reméandrement de la Lanterne
Comment évaluer en toute impartialité les réponses des candidats ?
Comment évaluer en toute impartialité les réponses des candidats ?
En 2024, l’IPBES (l’équivalent du GIEC pour la biodiversité) a publié le rapport NEXUS, qui met en lumière les liens d’interdépendance entre les différentes problématiques de la crise écologique que sont la biodiversité, l’eau, la santé, l’alimentation et le climat. Ironie du sort, cela forme l’acronyme BESAC ! Ce rapport classe et évalue 186 scénarios futurs issus de 54 études scientifiques afin de répondre à la crise environnementale. Il met en avant plusieurs conditions nécessaires pour réussir la transition écologique, c’est-à-dire pour améliorer simultanément toutes les problématiques. Il fournit ainsi des critères intéressants et objectifs pour faire le tri entre les solutions proposées à la crise environnementale.
En miroir de ces conclusions, il met en garde contre des stratégies à éviter :
se focaliser sur un seul aspect de la crise environnementale.
Exemple : une politique axée uniquement sur la lutte contre le dérèglement climatique aurait des répercussions négatives sur la santé et la biodiversité.
éviter les solutions qui ont un effet positif sur un problème et des effets négatifs sur le reste du système.
Exemple : développer la filière du bois énergie et du bois de construction est une bonne chose pour diminuer notre empreinte carbone, à condition d’avoir une gestion durable des forêts qui respecte la biodiversité. Une exploitation intensive (coupes rases, plantations monospécifiques, déficit de bois mort,…) auraient non seulement un impact sur la biodiversité mais aussi sur le dérèglement climatique (déstockage de carbone, propagation de pathogènes, incendies).
Restez connectés ! Dans les jours à venir nous discuterons de certains aspects des réponses des candidats à la lumière de ces critères.
L’équilibre dans les propositions des candidat.e.s : quelles en sont les implications ?
La crise écologique a de multiples facettes et comme nous l’avons vu il est important de les traiter de manière équilibrée. Comment se positionnent les candidat.e.s par rapport à ce critère ?
Examinons les réponses des listes d’A. Vignot, S. Véziès et L. Fagaut (nous les remercions pour leur contribution!). Malheureusement, les listes de N. Friess et E. Delabrousse ne nous ont pas fourni suffisamment d’éléments pour effectuer ce travail, et celle de J. Ricciardetti ne nous a pas répondu.
C’est la liste d’A. Vignot qui affiche la réponse la plus équilibrée, avec des propositions concrètes dans les quatre domaines que nous avions mis en avant : l’eau, la biodiversité, le climat et la justice sociale. Au vu des résultats présentés par l’IPBES c’est la stratégie en matière de transition écologique qui donne les meilleurs résultats.
En comparaison, la liste de S. Véziès met l’accent sur la justice sociale, mais contient moins de propositions concrètes concernant la problématique de la ressource en eau. Ce déséquilibre est en partie compensé par des propositions en matière de biodiversité, comme le développement de l’agriculture biologique, qui auront des retombées positives sur la question de l’eau. Cependant, la stratégie proposée gagnerait en robustesse en incluant des problématiques telles que les pollutions d’origine non agricole ou la restauration des cours d’eau et des zones humides.
Enfin, la réponse de la liste de L. Fagaut affiche le déséquilibre le plus important, avec très peu de propositions concrètes en matière de biodiversité et de justice sociale. Les propositions concrètes et précises en la matière sont peu nombreuses et ne représentent pas un changement significatif par rapport aux pratiques actuelles. Des propositions intéressantes sont faites en matière de climat et sur la question de l’eau, mais les travaux des scientifiques montrent clairement qu’une telle approche est trop compartimentée pour répondre de façon satisfaisante à la crise écologique. D’autant plus que cette réponse fait l’impasse complète sur la question de l’agroécologie, mise en avant par l’IPBES comme un impératif pour une véritable transition écologique. Par ailleurs, le manque de prise en compte de l’aspect justice sociale* risque de ne pas permettre une protection efficace des plus vulnérables, qui sont les premiers touchés par la crise environnementale.
*Une part importante des propositions de cette liste concernant cette thématique a été intégrée à la thématique « Climat » afin que les réponses de toutes les listes soient traitées équitablement et de manière cohérente.