L’agroécologie, pilier de la transition écologique ?


Le rapport Nexus de l’IPBES (voir notre publication précédente) présente la généralisation de l’agroécologie comme l’une des conditions indispensables à une transition écologique, sociale et solidaire réussie. Pourquoi est-ce si important ? Que disent les candidat·e·s à ce sujet ?

L’agroécologie est une façon de concevoir des systèmes de production agricoles qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Elle réintroduit de la diversité à toutes les échelles (génétique, spécifique, paysagère,…) dans les systèmes de production agricole qu’elle révise en profondeur. Aujourd’hui, parmi les application les plus fréquentes et les plus connues de cette démarche on trouve en premier lieu l’agriculture biologique, mais aussi l’agriculture en biodynamie ainsi que la permaculture. L’« agriculture raisonnée » ou encore l’« agriculture de précision » en revanche ne sont pas des exemples d’agroécologie.

L’agroécologie est un levier important de la transition écologique, car elle permet de créer une synergie très riche en interactions positives (voir notre publication précédente). En plaçant la biodiversité au cœur des systèmes agricoles, elle permet de profiter des multiples contributions positives que des écosystèmes en bonne santé apportent à nos sociétés, qu’il s’agisse de la productivité, de la santé humaine ou du stockage de carbone. De plus, l’agroécologie bannit l’utilisation de pesticides et d’engrais de synthèse, ce qui a des effets positifs supplémentaires sur la santé humaine, tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Elle est également beaucoup plus sobre en consommation d’énergie et, grâce à leur diversité, les systèmes agroécologiques sont plus résilients face à tous types d’aléas (climatiques, biologiques, économiques, etc.), ce qui constitue un avantage non négligeable en matière de sécurité alimentaire.

Le développement de l’agroécologie à l’échelle des communes est d’autant plus important que le contexte politique européen et national est actuellement plutôt défavorable. À ce titre, les multiples propositions des listes de S. Véziès et d’A. Vignot en faveur de l’agroécologie sont intéressantes : coopératives maraîchères, construction d’une légumerie, partage de semences, soutien au bio local par la commande publique, protection des terres agricoles, etc. En revanche, si la liste de L. Fagaut affiche son intention de développer la production maraîchère locale, notamment pour les cantines scolaires, elle ne mentionne pas l’agriculture biologique ou une autre forme d’agroécologie.