L’équilibre dans les propositions des candidat.e.s : quelles en sont les implications ?

La crise écologique a de multiples facettes et comme nous l’avons vu il est important de les traiter de manière équilibrée. Comment se positionnent les candidat.e.s par rapport à ce critère ?

Examinons les réponses des listes d’A. Vignot, S. Véziès et L. Fagaut (nous les remercions pour leur contribution!). Malheureusement, les listes de N. Friess et E. Delabrousse ne nous ont pas fourni suffisamment d’éléments pour effectuer ce travail, et celle de J. Ricciardetti ne nous a pas répondu.

C’est la liste d’A. Vignot qui affiche la réponse la plus équilibrée, avec des propositions concrètes dans les quatre domaines que nous avions mis en avant : l’eau, la biodiversité, le climat et la justice sociale. Au vu des résultats présentés par l’IPBES c’est la stratégie en matière de transition écologique qui donne les meilleurs résultats.

En comparaison, la liste de S. Véziès met l’accent sur la justice sociale, mais contient moins de propositions concrètes concernant la problématique de la ressource en eau. Ce déséquilibre est en partie compensé par des propositions en matière de biodiversité, comme le développement de l’agriculture biologique, qui auront des retombées positives sur la question de l’eau. Cependant, la stratégie proposée gagnerait en robustesse en incluant des problématiques telles que les pollutions d’origine non agricole ou la restauration des cours d’eau et des zones humides.

Enfin, la réponse de la liste de L. Fagaut affiche le déséquilibre le plus important, avec très peu de propositions concrètes en matière de biodiversité et de justice sociale. Les propositions concrètes et précises en la matière sont peu nombreuses et ne représentent pas un changement significatif par rapport aux pratiques actuelles. Des propositions intéressantes sont faites en matière de climat et sur la question de l’eau, mais les travaux des scientifiques montrent clairement qu’une telle approche est trop compartimentée pour répondre de façon satisfaisante à la crise écologique. D’autant plus que cette réponse fait l’impasse complète sur la question de l’agroécologie, mise en avant par l’IPBES comme un impératif pour une véritable transition écologique. Par ailleurs, le manque de prise en compte de l’aspect justice sociale* risque de ne pas permettre une protection efficace des plus vulnérables, qui sont les premiers touchés par la crise environnementale.

*Une part importante des propositions de cette liste concernant cette thématique a été intégrée à la thématique « Climat » afin que les réponses de toutes les listes soient traitées équitablement et de manière cohérente.